PCT : Les technologies vocales souffrent-elles encore d’une mauvaise image ?
Antoine Kauffeisen : La perception devient positive, mais l’évolution est lente. Les utilisateurs distinguent dorénavant bien la reconnaissance vocale de la synthèse vocale. En effet, ces deux technologies ne sont pas forcément liées, même si les applications qui intègrent les deux sont bien plus efficaces.
Acapela est un pure player de la synthèse vocale. Nous sommes un spécialiste TTS (Text To Speech). La technologie s’est fortement améliorée ces dernières années. Quand la technologie est bien faite, l’utilisateur ne s’aperçoit presque plus qu’il a une application de synthèse vocale. Ce n’est pas encore la même évolution sur la reconnaissance vocale, là c’est plus délicat !
Conséquence de cette évolution positive, nous n’en sommes plus à convaincre les clients. Avant c’était un débat technique, aujourd’hui c’est une question de communication et de marketing. Les discussions portent plus sur les voix. Afin de répondre à cette problématique, nous avons développé « Acapela voice factory ». Le client définit quelle voix il veut utiliser ; l’outil fabrique alors une voix de synthèse. Nous sommes en fait un cloneur ! C’est très important, la voix véhicule l’accueil et l’image de l’entreprise. Est-ce qu’Alice ou Cerise (Groupama) peuvent avoir la même voix ? La voix fait partie intégrante de l’image.
PCT : Quels sont vos cibles ?
A.K. : Nous avons défini 7 marchés au total. Les télécoms, l’automobile et l’accessibilité, qui représentent 80% de nos revenus. Ces métiers et applications sont connus. Dans les télécoms, l’automatisation des centres d’appels, des fonctionnalités de types SMS to Voice, la mise à dispo d’informations sur des serveurs vocaux interactifs… Dans l’automobile, les usages sont liés à la navigation. En accessibilité, la synthèse vocale permet aux handicapés de disposer de l’information sous une autre forme, par exemple en traduisant de l’écrit en audio.
Ensuite, nous avons identifié 4 marchés en ébullition. Le multimédia avec les logiciels ludo-éducatif, d’e-learning ou de jeux), le consumer electronic avec des applications de contenus digitaux et la mobilité avec des applications embarquées sur smartphones. Difficile en effet d’accéder à de larges volumes d’informations sur un petit écran, mieux vaut les écouter !
PCT : Quels est l’apport de la synthèse vocale dans les communications unifiées ?
A.K. : L’apport de la synthèse de la parole est encore plus important sur ce type d’applications. C’est une passerelle automatique entre deux mondes, l’écrit et la parole, la data et la voix. Sur des applications ToIP, elle est encore plus facile à intégrer, grâce à des standards bien définis. Tous types d’applications deviennent alors possibles simplement : lecture de mail, transfert de messages, énoncé des personnes présentes, accès à des bases de données…
PCT : Quelles sont vos références ?
A.K. : En centre de Contacts par exemple, nous avons Coface Service à travers NextiraOne. En communications unifiées, nous comptons les hôpitaux de Marseille
PCT : Collaborez-vous très en amont avec les équipementiers ?
A.K. : Ce sont nos clients. Nous travaillons beaucoup avec Aastra, Avaya, Genesys et Cisco par exemple. Mais nous ne scellons pas de partenariats plus profonds. La plupart du temps, nous fonctionnons sur la base de projets spécifiques.
PCT : Et travaillez vous sur Androïd, la plateforme de Google ?
A.K. : Bien évidemment nous nous intéressons à Androïd, Google, a une optique très applicative, liée réellement aux usages...
PCT : Le secteur s’est bien consolidé ces dernières années, quels atouts affichez-vous pour résister ?
A.K. : Il est vrai que globalement, il n’y a plus que Nuance, Loquendo et Acapela. Quelques acteurs de niches, locaux, demeurent. Nuance est dominant certes, mais uniquement sur la reconnaissance vocale, l’OCR et la dictée, pas sur la synthèse de la parole. Ce ne sont pas des pionniers technologiques.
Nous sommes un pure player. Notre cœur d’activité repose sur la synthèse de la parole. Nous sommes donc très dépendants de la qualité de nos produits. Nous sommes de plus une société intrinsèquement Européenne. Nous sommes donc très multilingues. Une société américaine serait moins encline à comprendre les particularités régionales. Et au final, nous sommes bien plus innovants sur la technologie.
Propos recueillis par Olivier Coredo






















