Sept opérateurs alternatifs lancent le collectif « Libre Choix » pour s’insurger contre le manque de concurrence. Leur ambition : faire des propositions concrètes au gouvernement pour que la France devienne enfin un pays de libre concurrence. Premiers marchés visés : l’énergie, les télécoms et les services postaux.
Impact direct sur le pouvoir d’achat
« Notre objectif est avant tout d’alerter l’opinion sur la persistance de monopoles, et les dangers associés sur le pouvoir d’achat et l’économie en général » annonce Jacques Marceau, fondateur d’Aromate, agence fédératrice du collectif.
Libre Choix regroupe à ce jour sept opérateurs alternatifs : Poweo, Altergaz et Gaz de Paris pour le secteur de l’énergie, NRJ Mobile, Tele 2 Mobile et Ipnotic Telecom pour les télécoms, Adrexo dans le secteur postal. Jacques Marceau ajoute « Le collectif est né il y a deux mois, nous allons avancer un certain nombre de propositions et de mesures concrètes qui pourront donner lieues à des amendements ». Comme le précise l’accroche de cette association, le but est de « réveiller la concurrence ».
La lutte pour l’accès au réseau
« La concurrence est perçue négativement en France, et j’en ai marre ! Il est nécessaire de mettre en avant les avantages, d’avoir le choix ! » lance rageur Charles Beigbeder, PDG de Poweo. Bien que les secteurs, Energie, Telecoms et Postes, soient bien différents, tous ont une seule et même requête : pouvoir accéder au réseau simplement et de manière équitable. Les MVNO, tels NRJ Mobile et Tele2 Mobile, aimeraient en effet pouvoir s’interconnecter directement au réseau mobile afin de disposer de plus de latitude sur leurs offres. Ils ont en effet peu de marge de manœuvre : ils achètent en gros sur un marché non concurrentiel et se battent comme ils le peuvent sur les tarifs sans innover sur les services. « Les MVNO en France ne représentent que 5% du marché alors que la moyenne Européenne avoisine les 10% avec des pointes bien supérieures dans les pays d’Europe du Nord » se révolte Jérôme Birba, Directeur Executif de NRJ Mobile.
Grégory Gosset, Directeur Général de Tele 2 Mobile, renchérit « Le constat du manque de concurrence en France sur le mobile est évident. Le taux d’équipement d’un mobile en France est de l’ordre de 87% alors que la moyenne Européenne dépasse les 112% ! ». Et d’ajouter « les opérateurs mobiles virtuels Français sont uniquement des revendeurs de minutes, alors que sur les autres marchés Européens ce sont de vrais MVNO avec un accès au réseau. Ils se différencient non seulement sur les prix mais aussi sur les services ». Même constat sur la téléphonie fixe à destination des entreprises, où Yann Genetay, Président d’Ipnotic Telecoms, évoque des problématiques similaires d’accès aux ressources.
La séparation fonctionnelle
Similitudes encore sur le réseau de gaz. Robert Delbos rie jaune «la confusion est entretenue en permanence entre la partie service public, c'est-à-dire le réseau, et la partie commerciale, 100% concurrentielle. Prenez le cas de GrDF qui assure la gestion du réseau de gaz naturel pour tous les acteurs ; le petit « r » entretien la confusion, c’est de la tricherie pure et simple ». Il renchérit « nous sommes passé d’un statut de monopole public à un quasi monopole privé ».
Et Adrexo, le seul opérateur « postal » a hélas aussi de quoi se plaindre : il n’a pas accès à 130 000 immeubles protégés par le système Vigik, badges dont sont pourtant dotés les postiers, gaziers et agents télécoms.
Chaque membre du collectif affiche son lot de revendications, allant des barrières réglementaires aux abus de communication des acteurs dominants (Pour votre sécurité restez-chez nous, vous ne voulez pas que les bureaux de poste ferment….), mais tous font front commun pour faire avancer les choses.
L’Arcep bousculée
Les pouvoirs publics sont en ligne de mire, et, inévitablement, l’Arcep (autorité de régulation) se fait taper sur les doigts : «l’action du régulateur pourrait être plus ouvert sur la concurrence » commente Yann Genetay. « C’est clairement le bras armé du gouvernement » lance Frédéric Pons, Directeur Général d’Adrexo. Et de critiquer « le service universel » servit à toutes les sauces et dans tous les domaines.
D’autres acteurs, issus notamment du secteur des transports, aériens et ferroviaires, pourraient sous peu rejoindre la fronde. A l’heure où le gouvernement veut « libérer le pouvoir d’achat », le collectif veut stimuler la concurrence afin de faire baisser les prix pour au final répondre à la demande de hausse de pouvoir d’achat. Il demande au minimum l’application de la législation européenne.
Cependant, un collectif qui ne représente que quelques pourcents de parts de marchés sur chaque secteur, ne peut à lui seul peser dans la balance… Associations, unissez-vous !
Olivier Coredo






















