Bull synchronise en temps réel deux centres d'infogérance distants de 400 km
Le 28/02/2008 -
« De toute façon, en cas de catastrophe naturelle en région Parisienne, comme une inondation majeure,  les data-centers s’arrêteront.  Tout simplement parce que les gens ne pourront plus aller travailler. Il faudra plusieurs semaines pour remettre en marche le métro par exemple. C’est pour cette raison qu’il est crucial de séparer géographiquement les centres de données » lance Laurent Seror, Directeur Opérationnel d’Agarik, filiale opérateur/infogéreur de Bull depuis 2006.

Vive la décentralisation

Ce discours, qui va à l’encontre de la tendance au regroupement actuel des data-centers, permet d’afficher les atouts du centre de Bull à Trelazé, à quelques kilomètres d’Angers.  Ce pôle d’infogérance ouvert  en 1984, autrefois site stratégique d’hébergement de mainframes, attirent de plus en plus d’acteurs du domaine financier, industriel , de la grande distribution sans oublier une clientèle quasi-historique d’administrations. « Nous avons de plus en plus de banques qui viennent nous visiter » illustre Philippe Pauty, responsable du site et directeur Outsourcing chez Bull Services Infogérés.

Il faut dire que sur ses 11 hectares (7 vraiment utilisés), ce site à, 1h30 de Paris en TGV,  a de quoi séduire : 11 000 m2 de bâtiment dont 3 500 m2 de plateaux informatiques, hautement sécurisé (4 systèmes de rideaux de sécurité), secouru et alimenté électriquement par la centrale nucléaire de Chinon, système de refroidissement de dernière génération… tout est conçu de longues dates pour attirer la clientèle la plus exigeante. « De plus, Bull bénéficie d’une très forte expérience sur les gros systèmes » ajoute Phillippe Pauty. Alors, où le bât blesse-t-il ?

Un manque crucial de débits

« Notre seul soucis était les télécoms »  répond-il. En effet, il faut non seulement que les clients hébérgés puisse bénéficier d’une multi-connectivité à très haut débit et que, d’autre part, deux des centres majeurs de Bull en France puissent-être interconnectés :  St-Ouen (2 centres : Agarik en direct, Bull à travers Agarik) et Trelazé. « Le besoin en haut débit s’est fait sentir des le début des années 2000 » explique Philippe Pauty. A l’époque, le centre n’avait guère le choix : France Telecom ou… France Telecom.

Depuis, Telecom Développement (Neuf Cegetel / Sncf) a amené la fibre sur la région, en longeant les voies de chemins de fer, et la région a déployé son propre réseau haut débit baptisé Melis@, à travers une DSP. Le site de Trelazé, plutôt dédié à des applications de backoffice,  a ainsi pu être raccordé en fibre au site de St-Ouen, plutôt dédié aux applications de front-office, le tout opéré par Axione. Au début à 20 Mbps, puis à 200 Mbps. Seuls problèmes, afin d’effectuer de lourds backups et de proposer une duplication de données en temps réels, les débits ne sont pas suffisants et le temps de latence est bien trop important.

Des temps de latence réduits par 2

Bull, via Agarik, a alors choisi de se doter d’équipements optiques multiprotocoles du petit Français Ekinops. Agarik, s’appuyant sur une fibre délivrée par Interoute, opère depuis janvier 2008 une ligne très longue distance DWDM. « Auparavant sur une liaison optique, il fallait installer des points de régénération de signal tous les 80 km, augmentant ainsi les temps de latence. Grâce à nos équipements, et notre technologie d’amplification de signal Raman, un seul point de regénération de signal suffit pour couvrir les 400 kms qui relient les deux sites » détaille Sébastien Bernard, Responsable des Ventes Europe chez Ekinops ». Laurent Seror d’Agarik  renchérit « aujourd’hui sur la DSP locale, les temps de latence sont de 13 à 14 ms. Ekinops les divise par deux, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles applications d’infogérance multi-sites ». Pour l’heure, Trelazé bénéficie d’une bande passante de 2 x 1 giga, upgradée le 15 mars à 2 x 2,5 gigas et potentiellement upgradable à 4 x 10 gigas.

Prochaine étape, intégrer dans une boucle le 3ème pilier des data-centers de Bull (Les Clayes sous Bois) en plein développement et dédié au calcul de haute performance (HPC).

« Il est dorénavant possible de synchroniser deux sites distants de plusieurs centaines de kilomètres comme si il s’agissait d’un seul et même site » conclut Laurent Seror.

Olivier Coredo

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